Jean-Baptiste
P*T**N PAULINE ! COMMENT T’AS PU ME CACHER UN TRUC PAREIL M*RD* ! TU M’AIMES DONC SI PEU ? TU N’AS PAS CONFIANCE EN MOI ?
Il jette un fort coup de pied dans le ballon de foot qui est sur le tapis. Le ballon casse la vitre et le tapis est envoyé trois mètres plus loin. Mais ça ne lui suffit pas. Il faut qu’il fasse ses nerfs sur quelque chose et vu qu’il n’y a plus de ballon il tape sur la poutre de sa chambre. Elle lui a menti, depuis deux mois elle lui ment… Et il n’a rien vu. Il s’en veut tellement. Il l’aime plus que tout et elle lui ment ? Non ! Non, il ne l’aime pas ! Il la hait.
Jean-Baptiste
EGOÏSTE ! POURQUOI TU NE ME L’AS PAS DIS ? POURQUOI ?
Si au moins elle n’avait pas souffert. Si elle lui avait caché qu’elle vivait une merveilleuse histoire d’amour avec Arnaud, même ça il aurait pu le supporter. Mais non ; elle souffre en silence, et ça il ne le comprend pas. Il se rend compte que son poing saigne à force de taper avec sur la poutre. Il arrête et s’allonge sur son lit. Les petites gouttes de sang qui tombent forment une auréole rouge sur la moquette. Il cherche, il réfléchit, mais il n’y a pas moyen de comprendre pourquoi elle ne dit jamais rien. A aucune de ses questions il ne trouve de réponse. Il a le souffle court… Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?… Il a mal au poing mais il ne fait rien ; de toute façon ce n’est pas là qu’il a le plus mal… La porte d’entrée s’ouvre. Il les entend mais ils sont si loin :
Nathalie
Eh dis donc les enfants ne partez pas comme ça ! Il y a les courses à sortir de la voiture. Jean-Baptiste ! Tu es là ?
Il n’a pas entendu. Surprise de ne pas avoir de réponse elle monte le voir.
Nathalie
Jean-Baptiste !
Elle ouvre la porte.
Nathalie
Oh mais il fait froid ici pourquoi tu as laissé… Oh ta fenêtre !
Elle fait le tour du lit pour voir les dégats et remarque la grosse tâche de sang sur la moquette.
Nathalie
Mais qu’es-ce que tu t’es fait ? Jean-Baptiste ! Ta main !
Il s’est levé et annonce d’une traite :
Jean-Baptiste
Paulineèalopitaléèlèenceinteéèlnemariendi
Nathalie
Quoi ?
Jean-Baptiste
Pauline-est-à-l’hôpital.-Elle-est-enceinte-de-deux-mois-et-elle-a-rien-dit…-A-moi.
Jean-Baptiste cherche où se tenir. Il sent que c’est tellement ahurissant ce qu’il vient de dire. Nathalie l’aide à se rassoir. Elle est si surprise qu’elle ne sait pas quoi faire.
Nathalie
Reste là.
Elle prend le téléphone et appelle son mari.
Nathalie
Philippe ? C’est moi. Tu as finis au boulot ? Il faudrait que tu rentres vite. Jean-Baptiste ne va pas bien…
C’est tout ce qu’il entend. Il est perdu. Il est sur le lit depuis un moment quand son père arrive mais il ne sait pas du tout depuis quand il ne sait pas non plus quelle heure il est, mais il fait nuit.
Philippe
Bonsoir Jean-Baptiste. Comment tu te sens ?
Il se relève violemment
Jean-Baptiste
ELLE M’A MENTI P*T**N ! ELLE N’A RIEN DIT ! ELLE M’A TOUT CACHE ! ELLE… ELLE… ELLE NE VEUT PAS ME DIRE. ELLE M’AIME PLUS ! C’EST ÇA ! ELLE M’AIME PLUS !
Philippe
STOP ! Jean-Baptiste arrête ! Calme-toi.
Philippe le force à se rallonger.
Philippe
Il arrive quand le médecin Nath ?
Une demi-heure plus tard le docteur arrive. Jean-Baptiste est encore tout essoufflé, on dirait qu’il vient de faire un marathon.
Pierre Le Breil
B onsoir. Je suis désolé, j’ai fait aussi vite que j’ai pu.
Philippe
Bonsoir. Il est en haut. Sa main est blessée et il est très énervé.
Pierre Le Breil
Je vais voir ça. Bonsoir Jean-Baptiste. Ecoute je vais commencer par regarder a main.
Jean-Baptiste
Allez-y je ne vais pas vous frapper.
Pierre Le Breil
Tu t’es fait ça où ?
Jean-Baptiste
La poutre.
Pierre Le Breil
Oui. T’as de la chance tu n’a pas de bouts de verre dans ta blessure.
Jean-Baptiste
Je ne l’ai pas touché. C’est le ballon.
Pierre Le Breil
Tu as mal ?
Jean-Baptiste
Je ne sais pas.
Pierre Le Breil
Tu peux la bouger ?
Jean-Baptiste
Non.
Pendant qu’il soigne la main de Jean-Baptiste il discute avec lui.
Pierre Le Breil
Pourquoi tu as fais ça ?
Jean-Baptiste
Elle a menti.
Pierre Le Breil
Tu as déjà fait ça avant ?
Jean-Baptiste
De quoi ?
Pierre Le Breil
Te frapper comme ça.
Jean-Baptiste
Non jamais.
Pierre Le Breil
Et de t’énerver de cette façon ?
Jean-Baptiste
Non plus.
Il lui prend la tension et le pouls. Puis il le laisse et va parler avec les parents.
Nathalie
Alors ?
Pierre Le Breil
Rien de grave. Rassurez-vous. Sa main le fait souffrir plus qu’il ne le dit mais il n’y a apparemment rien de cassé. Il faudra vérifier par radio s’il a encore mal dans deux jours. Quant à sa crise d’énervement, c’est passager. Il a un rythme cardiaque assez élevé, mais rien d’anormal après ce qu’il s’est passé. Je vais lui donner un calmant et dans une heure il devrait y voir un peu plus clair. C’est la première fois qu’il fait ça donc ne vous inquiétez pas. Ca a un caractère très exceptionnel.
Il remonte et explique à Jean-Baptiste ce qu’il vient de dire à ses parents, lui donne le médicament, puis il part.
Pierre Le Breil
Rappelez-moi s’il y a besoin. Mais je ne pense pas. Au revoir.
Nathalie et Philippe entrent dans la chambre. Ils s’assoient sur le lit.
Nathalie
Ca va mieux ?
Jean-Baptiste
Oui.
Nathalie
Tu nous racontes ce qu’il s’est pas passé ?
Jean-Baptiste
Pauline a fait un malaise au lycée cet après midi. L’infirmière m’a dit qu’elle était enceinte de deux mois. Je suis allée la voir à l’hôpital. Elle ne m’a rien dit ! Rien ! ELLE ME MENT DEPUIS DEUX MOIS !
Philippe
Allons ! Allons ! Allons !
Nathalie
Ce n’est pas facile pour elle. Elle a dû avoir peur.
Jean-Baptiste
Je sais… Je sais… Mais c’est long deux mois… C’est tellement long… Elle attend mon bébé et elle n’a rien dit…
Nathalie
Bon on va te laisser. Mais tu vas aller dormir dans la chambre de Mévéna. Il fait trop froid ici avec ton carreau cassé.
Il entre dans la chambre de Mathilde suivit par Philippe.
Philippe
Mévéna, bonne nuit. Ne l’embête pas trop hein ?
Mévéna
Non ne t’inquiète pas. Bonne nuit.
Jean-Baptiste s’est installé sur le canapé-lit.
Mévéna
Si tu as besoin de quelque chose, tu me demandes.
Jean-Baptiste
Merci.
Mévéna
Jean-Baptiste ? Je peux te donner mon avis ?
Jean-Baptiste
Oui.
Mévéna
N’en veux pas à Pauline de ne pas te l’avoir dit. On essaye toujours de trouver le bon moment pour l’annoncer mais il est dur à trouver, si tant est qu’il y ait un bon moment pour annoncer ces choses là. On a peur de ne pas trouver les bons mots pour annoncer. Tu connais Nora ? La blonde qui est venue à la maison samedi dernier. Elle avait pas mal de problèmes l’année dernière. Elle n’a pas réussi à le dire à ses parents qui pourtant l’auraient aidé. Mais elle n’a pas pu. Pauline elle a seulement eu peur de te perdre comme Nora avait peur que ses parents la mettent à la porte. Elle t’aime. Elle n’a pas voulu te faire de mal, c’est pour ça qu’elle n’a rien dit. J’ai vu Nora se torturer l’esprit avec l’annonce à ses parents et crois moi ça n’a pas été facile pour elle. Alors je pense que ce doit être pareil pour Pauline. Elle t’a fait du mal, ça ne fait aucun doute. Mais elle, elle était toute seule avec sa douleur. Toi tu n’aura pas à vivre ça et ça ne va pas durer deux mois.
Jean-Baptiste
Moi je lui dis quand ça ne va pas. Je sais que je peux compter sur elle. Elle devrait le savoir elle aussi qu’elle peut compter sur moi.
Mévéna
Je pense qu’elle le sait. Mais la peur ça peut te rendre aveugle su beaucoup choses. Tu as une idée de ce que tu vas faire avec Pauline ?
Jean-Baptiste
Non. Elle n’a pas l’air d’en vouloir de cet enfant…
Mévéna
Et toi ?
Jean-Baptiste
Je m’en fiche. Je veux seulement qu’elle aille bien. Alors s’il faut renoncer à l’enfant… Je… Je ne sais pas ce qu’on va faire…
Mévéna
Il est deux heures. On devrait peut-être dormir.
Jean-Baptiste
Oui. Bonne nuit.
Mévéna
Bonne nuit. Enfin… Tu as compris ce que je veux dire…
Voilà, c'état ce passage ma "crise d'inspiration"