Madame je dois partir dans une demi-heure.
La profVous avez un mot d’excuse ?
PaulineJe vous l’ai donné hier.
La profAh oui c’est vrai. Le rendez-vous quel qu’il soit aurait pu être pris ailleurs que sur les heures de cours.
Mai
A l’hôpital, elle entre dans la salle d’attente. Dans la pièce Pauline baisse la tête ; on pourrait la reconnaître, elle aperçoit vite fait une vielle dame et cinq femmes enceintes, dont trois avec leur compagnon. Toutes ces femmes, avec leur ventre, elles semblent si heureuses. Elle croit les entendre discuter plus ou moins discrètement.
« - Enceinte si jeune, quelle idiote !
- Qu’est-ce qu’elle va faire de son gosse ?
- Pauvre gamin !
- Encore un qui n’a rien demandé et qui va mal finir !
- C’est à cause de genre de personne qu’on se retrouve à payer des impôts, pour payer l’ADDAS à des gens qui feraient mieux d’avorter !
- On ne fait pas de gosse n’importe comment.
- Elle va sortir en boite quand elle devra s’occuper du bébé.
- Personne n’osait se montrer dans un tel état à mon époque ! Le monde se dévergonde aujourd’hui !
- Quelle inconscience ! Vraiment ! »
L’appelle du médecin la tire brutalement de ses pensées. Monsieur Jacob
Pauline Joly ?
Pauline
Ah ! Oui ! Bonjour monsieur.
Monsieur Jacob
Par ici je vous prie. Asseyez-vous. Pourquoi êtes vous venue ?
Pauline
Je crois que je suis enceinte.
Monsieur Jacob
Nous allons vérifiez cela tout de suite. Allongez-vous mademoiselle. En effet vous êtes bien enceinte, de deux mois je pense. Vous voyez ici son cœur qui bat ?
Pauline
Oui.
Pauline sort du cabinet en pleurant.
La secrétaire
Vous allez bien ?
Pauline
Oui.
La secrétaire
Vous avez votre carte vitale ?
Pauline
Non.
La secrétaire
Dans ce cas, ça fera cent cinquante cinq €uros non remboursés par la sécurité sociale car nous n’avons plus de feuilles de soins Mademoiselle.
Pauline
Tant pis, ce n’est pas grave.